Canicule : des mesures de bon sens à prendre pour vos salariés

Même si la loi reste floue sur les limites de température à ne pas dépasser dans les bureaux, sur les chantiers ou dans votre petit commerce, le bon sens commande à tout patron de se préoccuper de la santé de ses salariés. Ne serait-ce que pour éviter des baisses de productivité, des erreurs lourdes de conséquences, voire des arrêts maladie.

Fatigue, sueur, étourdissements, maux de tête, rendement musculaire en berne…. Une canicule peut avoir des conséquences négatives sur la productivité des salariés, voire sur leur santé. C’est pourquoi les employeurs doivent prendre des mesures d’accompagnement, voire accorder des dispenses de travail, lorsque les températures s’élèvent trop à l’intérieur des bureaux, dans les cuisines d’un restaurant, derrière le fournil d’une boulangerie ou sur les chantiers en extérieur.

La loi ne définit pas de seuil de température

Bien sûr, la loi n’indique pas de limite de température au-delà de laquelle l’employeur sera tenu de prendre des mesures. Et ce, même si la météo est caniculaire, que les locaux ne disposent pas de climatisation, ou que celle-ci est insuffisante face à la chaleur dégagée par les ordinateurs ou les fours d’une cuisine par exemple.

Mais l’employeur doit garantir et la sécurité de ses salariés

En même temps, le Code du travail stipule que l’entreprise doit prendre des dispositions pour ne pas compromettre la sécurité et la santé de ses collaborateurs. Les chaleurs extrêmes entrent dans ce cadre.

On trouvera sur le site du ministère, un ensemble de mesures répertoriées dans le plan canicule 2016. Elles concernent tout particulièrement les secteurs exposés comme le BTP, la restauration, le jardinage, etc.

Droit de retrait

Il faut savoir qu’un salarié qui estime que son employeur ne suit pas ces recommandations, ou qu’elles ont un effet insuffisant pour son confort de travail, a la possibilité d’exercer un droit de retrait. Cependant, en l’absence de seuil de température défini par la loi, l’appréciation d’un « danger grave et imminent pour la santé » peut différer entre le salarié et son employeur. Et ce dernier garde le droit de refuser le retrait. Si le litige ne peut se résoudre par le dialogue, ce sera à l’inspection du travail de trancher, souvent beaucoup plus tard et sur la base… des températures relevées ce jour-là. Une situation paradoxale, qu’il vaut mieux éviter par la prévention et l’écoute des collaborateurs.

Non au jusqu’au boutisme

Finalement, c’est surtout le bon sens qui doit l’emporter. Le patron de la petite entreprise doit rester à l’écoute de ses salariés, à la fois pour des raisons de paix sociale mais aussi, plus prosaïquement, pour éviter que la trop forte chaleur ne leur fasse commettre des erreurs, qu’elle baisse trop leur productivité ou qu’elle occasionne des problèmes de santé conduisant à des arrêts maladie. Une équation que l’on peut résumer ainsi avec l’exemple d’un restaurant : mieux vaut trouver des solutions avant qu’un cuisinier ne jette l’éponge, car alors la perte potentielle de chiffre d’affaires est bien plus importante que celle qu’aurait occasionné l’autorisation accordée de prendre quelques pauses fraîcheurs supplémentaires en cours de service.

Six idées simples (plus une !) pour éviter le coup de chaud

  • Installer des distributeurs de boissons fraîches – et non alcoolisées – lorsque c’est possible
  • Sinon, organiser pendant les fortes chaleurs, des distributions régulières d’eau ou de boissons désaltérantes
  • Aménager des locaux ventilés et rafraichis (ventilateurs), pour des pauses régulières
  • En extérieur (chantiers), négocier si nécessaire avec le voisinage des accès à des locaux plus frais
  • Augmenter les temps de pause pendant les pics de chaleur
  • Décaler les horaires de travail, voire favoriser le télétravail quand c’est possible – cela évite aux collaborateurs les longs trajets en transport en commun, particulièrement pénibles en cas de forte chaleur.
  • Rester à l’écoute et le montrer : tout le monde souffre quand il fait chaud, mais l’employeur doit montrer plus que les autres qu’il se préoccupe du bien-être de ses salariés

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