Les TPE françaises gagnent à exporter

Le dynamisme – et la reprise ? – de l’économie française passent par ses TPE et PME, et notamment par leurs performances à l’international. Bonne surprise, elles ne sont aujourd’hui pas si éloignées des meilleurs élèves de la classe européenne. Malgré des formalités et des soutiens parfois en ordre dispersé…

Une étude de Fedex, le spécialiste de la logistique, sur la dynamique des TPE et PME européennes à l’international, montre que l’export représente déjà 65% de leur chiffre d’affaires global. Et rien qu’en 2016, la croissance globale de ces revenus a atteint 16% en moyenne sur l’année précédente.

C’est notamment le commerce sur internet qui se révèle un puissant levier de conquête des marchés internationaux, notamment dans les pays voisins et avec l’aide des sociétés de transport de type Fedex, UPS, etc, pour livrer les produits aux clients.

Les sites de commerce électronique comme leviers de croissance

Les TPE françaises s’en sortent bien. Et ce n’est sans doute pas un hasard si leur retard sur internet, qui avait tant fait parler il y a trois ou quatre ans, est en passe de se résorber. Un rattrapage alimentant l’autre, 73% de nos PME à l’export s’appuient justement sur leur site de commerce électronique pour réaliser en moyenne 22% de leurs ventes par ce canal. Si elles sont encore un peu en retrait de leurs homologues allemandes (respectivement, 76% et 28% de résultats), ces performances sont déjà prometteuses et proches de la moyenne européenne qui s’établit, selon Fedex, à 80% de taux d’utilisation d’un site de commerce électronique pour les PME exportatrices, et 27% en moyenne de chiffre d’affaires réalisé par ce biais.

Soutien à l’export : trop ou pas assez d’interlocuteurs ?

L’étude se termine néanmoins par une remarque assassine sur la situation française : 22% des PME interrogées s’y plaignent en effet de « l’absence de dispositifs gouvernementaux de soutien à la réalisation de leurs ambitions à l’exportation ». Un véritable marronnier, qui donne lieu à des débats réguliers parmi les acteurs de l’économie et les politiques. Ainsi, début novembre, le consultant Georges Fischer s’est insurgé après la proposition du député LREM Buon Tan qui souhaitait « simplifier le « millefeuille » de l’appui à l’export » en créant un « guichet unique export ».

La lecture de son billet est très intéressante car, s’il ne nie pas l’intérêt d’une rationalisation des formalités administratives pour la partie opérationnelle des exportations, il écrit aussi qu’une grande partie d’entre elles sont déjà dématérialisées et efficaces. Mais surtout, il affirme que le fameux millefeuille n’existe pas, et qu’une PME, « souhaitant obtenir des informations et/ou du conseil sur une action export, en obtient plus de 90 % en deux visites : Business France et la CCI y pourvoiront ». Idem pour le financement.

En revanche, la richesse des opportunités de contact au moment de se lancer à l’aventure dans tel ou tel pays, n’est pas un handicap, bien au contraire : « Quand on fait l’effort d’aller à l’étranger, le plus important c’est d’ouvrir au maximum l’éventail des contacts et, par conséquent, les opportunités d’affaires futures. Loin de limiter à une porte d’entrée, il faut donc au contraire les ouvrir toutes : Business France, CCI française à l’étranger, Conseillers du Commerce Extérieur, CCI locale, WTC… »

Sa conclusion, en forme d’évidence, est un appel à la professionnalisation des entreprises dans leurs démarches à l’international : « L’efficacité n’est pas à rechercher prioritairement auprès des organismes d’accompagnement, mais plutôt du côté des entreprises : il faut les « muscler », les professionnaliser, notamment celles qui débutent à l’export, celles qui passent du stade d’exportateur occasionnel à celui d’exportateur régulier et celles qui approchent de nouveaux marchés auxquelles elles ne sont pas accoutumés ».

La TPE gisement d’emplois ? Oui, avec des nuances

Favoriser la croissance des PME pour favoriser la création d’emploi ? Ce slogan, parmi les préférés des décideurs publics français, mérite d’être nuancé.

En effet, selon l’INSEE et une étude portant sur la période 2009-2015, ce sont les ETI (entreprises de taille intermédiaire) qui ont concentré la majeure partie des créations d’emplois sur ces 6 années. Très exactement, 337 500 emplois.

Pendant cette même période, les PME ont contribué à hauteur de 96 400 emplois, un nombre à peu près équivalent à ceux détruits dans les microentreprises (TPE, auto-entreprenariat). Enfin, le solde finalement positif d’emplois créés par l’économie française (254 000) tient compte de la destruction d’environ 80 000 postes dans les grands comptes.

L’INSEE explique la performance supérieure des ETI et même, relativement, celle des PME, par le fait qu’une PME ou une TPE à succès, qui créent donc de l’emploi, changent de catégorie et viennent alimenter les statistiques, respectivement des ETI ou des PME.

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