L’achat responsable : Les TPE aussi… ont beaucoup à y gagner

En retard dans la mise en œuvre de leurs politiques d’achats responsables, les TPE et les PME sont pourtant très attendues sur ce terrain, compte tenu de leur poids économique sur le marché français. L’Etat et les grands donneurs d’ordre les incitent fortement à franchir le pas. Et ce n’est pas aussi coûteux qu’on le croit.

C’est quoi, acheter responsable ?

L’achat responsable est un achat qui concilie, durablement, la performance économique, la performance environnementale et la performance sociétale.

  • La performance économique couvre les coûts de conception et de production, les coûts d’usage et peut se mesurer en retour sur investissement.
  • La performance environnementale concerne l’impact sur l’environnement du produit acheté, tout au long de son cycle de vie : conception, production, packaging, livraison, usage et consommation, jusqu’à son recyclage.
  • Quant à la performance sociétale, elle couvre les conditions de travail chez le fournisseur mais aussi la relation tissée entre l’entreprise qui achète et ce fournisseur, dans ses aspects durabilité, respect et équité.

Acheter responsable n’est pas forcément plus cher

Bien sûr, cette façon d’acheter nécessite un investissement plus important en temps : en amont de l’achat, il est nécessaire de mettre en concurrence plusieurs fournisseurs, puis de les comparer selon des grilles de critères qui intègrent les 3 dimensions précitées. Et elle implique aussi une expertise que la TPE ou la PME n’a pas toujours pour juger, par exemple, de techniques de fabrication ainsi que de l’éthique du fournisseur.

Le processus d’achat responsable est donc plus couteux, de même que les produits retenus. Mais en intégrant leur durabilité, leur plus faible consommation et la qualité des rapports dans le temps avec le fournisseur, cela ne coûte in fine peut-être pas plus cher. C’est ce qu’affirme notamment un article paru dans le Moniteur en février 2017.

D’autres gains à considérer

Côté bénéfices, il faut également considérer l’intérêt, pour le dirigeant de la TPE, d’une mise en pratique fédératrice de son éthique et de valeurs qui lui tiennent à cœur et qu’il souhaite partager avec son équipe. Gain aussi en termes d’image, que ce soit auprès de ces salariés ou auprès du tissu économique local.

Mais il s’agit aussi et surtout d’un atout concurrentiel. Car si les grandes entreprises ont déjà des politiques RSE qui intègrent l’achat responsable, TPE et PME sont à la traîne. Or dans un appel d’offres responsable, les grands donneurs d’ordre donnent la priorité à celles qui le sont aussi. Encore faut-il pouvoir le démontrer.

Des outils pour aider les TPE et PME

Les CCI, tout d’abord, proposent un guide concernant l’achat responsable. Un peu ardu à lire, mais il a le mérite d’être très complet.

Acheter responsable constitue souvent le premier de ma mise en place d’une démarche RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises). Depuis 2010, la norme ISO 26000 accompagne cette démarche. Elle ne donne pas lieu à certification, mais fournit des lignes directrices, y compris pour les politiques d’achats. Elle débouche cependant sur des évaluations ou une labellisation :

  • Deux évaluations sont possibles : l’AFAQ 26000 ou la VIGEO 26000. Elles mesurent le degré de Responsabilité Sociale de l’entreprise, selon les directives ISO 26000. Evidemment, il faut payer pour cela des organismes spécialisés, comme Bureau Veritas, DNV, BCS Certification, etc. Bureau Veritas, notamment, dispose d’une offre dédiée aux PME.
  • Il existe aussi 3 labels pour l’ISO 26 000, sans doute plus à la portée des TPE et PME : Prest’add, bioentreprisedurable et LUCIE, qui reposent sur une approche communautaire et des auto-évaluations en ligne.

Enfin, pour valoriser les démarches d’achat responsable des entreprises, l’Etat a mis en place le label RFAR. Bonne nouvelle, ce label jusqu’ici réservé aux grandes entreprises, a été étendu aux TPE et PME en octobre 2017. Il repose sur la signature d’une charte, engageant l’entreprise à respecter 10 directives précises.

Quelques exemples d’achats responsables faciles

Mener une démarche d’achats responsables prend du temps, mais les premiers pas peuvent être rapides grâce à des réflexes tout simples à adopter. Par exemple, choisir des fournitures de bureaux recyclées, auprès de plateformes d’achats spécialisées, comme Un Bureau sur la Terre ou Ecoburo.

Autre possibilité, se rapprocher des ESAT (Etablissements et Services d’Aide par le Travail) de proximité qui proposent des fournitures ou des prestations de services délivrées par des adultes handicapés. Leur annuaire se trouve ici.

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