Retraite : Les entrepreneurs aussi (et surtout eux !) doivent penser à leurs vieux jours ?

Que vous soyez à votre compte ou dirigeant d’une TPE, ne vous leurrez-pas : votre pension retraite sera très en-deçà de celle d’un salarié qui aurait eu un revenu équivalent. Heureusement, des solutions existent pour vous permettre de compléter votre pension. Des solutions à souscrire le plus tôt possible !

Malgré des alignements successifs, depuis 1974, de leurs régimes de retraite de base sur ceux des salariés, les travailleurs indépendants ou les dirigeants de TPE continuent à percevoir des pensions plus basses que ceux-ci, en particulier pour les hauts revenus. Mauvaise nouvelle en sus : malgré de nouveaux alignements annoncés par le gouvernement, le très sérieux Conseil d’Orientation des Retraites prévoit dans les décennies à venir une baisse du ratio calculé entre les derniers revenus encaissés et les premières pensions perçues. D’où l’importance de rechercher sans attendre des solutions pour ne pas se trouver démuni au moment de prendre sa retraite. En voici 5 qui méritent d’être étudiées.

Trois solutions pour les travailleurs indépendants

Le contrat Madelin de retraite complémentaire

Les indépendants, qu’ils soient artisans, commerçants, gérants non-salariés ou en profession libérale, peuvent souscrire un contrat retraite Madelin. Créé en 1994, ce dispositif assure un complément de retraite par capitalisation. C’est-à-dire que les cotisations versées sur un tel contrat permettent de se constituer un capital retraite, qui sera restitué sous forme de rentes, tout en bénéficiant d’exonérations fiscales. La fréquence et le montant de cette épargne sont encadrés. Il existe différents type de contrats retraite Madelin, mono-support, multi-support ou en points, bien expliqués sur le site d’information Loimadelin.com.

Le PERP ou Plan d’Epargne Populaire :

Comme tout particulier, l’entrepreneur indépendant ou gérant non-salarié peut souscrire un plan d’épargne retraite ou PERP. Ce dispositif lui permet de se constituer un complément de retraite par capitalisation tout en bénéficiant, sous certaines conditions, d’une déductibilité fiscale des versements. La fréquence et le montant des versements sont libres. L’épargne ne devient disponible qu’au moment de la retraite, et peut désormais être perçue à 20% en capital.

L’assurance-vie « Madelin » :

Cette dernière permet de recevoir des rentes, et si elle est agréée loi Madelin (sortie uniquement sous forme de rente notamment), les versements peuvent aussi faire l’objet d’une défiscalisation partielle, moins intéressante toutefois sur ce point que la retraite complémentaire Madelin. En revanche elle offre un autre avantage : au décès du second bénéficiaire, alors que la rente retraite Madelin s’arrête, le capital restant sur l’assurance vie  va aux héritiers.

Deux autres solutions dans le cadre de l’entreprise

Le PERCO ou plan d’épargne retraite collectif

Le dirigeant d’une entreprise de 1 à 250 salarié(s) peut mettre en place un Plan épargne retraite collectif (PERCO) dont il bénéficie lui-même, qu’il soit salarié ou non. Attention toutefois : pour ouvrir un PERCO, il doit déjà avoir instauré un plan d’épargne entreprise ou PEE. Ces contraintes sont contrebalancées par le fait que PERCO comme PEE constituent des éléments forts de fidélisation : à privilégier si l’activité de la TPE nécessite l’emploi d’expertises rares.

Les contrats « article 83 » du Code Général des Impôts

Ces contrats conclus en vue de la retraite permettent de prévoir des compléments de pension pour tout ou partie des salariés. Le dirigeant, à condition qu’il soit assimilé salarié, par exemple en tant que mandataire social de l’entreprise, peut en bénéficier. Le fonctionnement un peu complexe de ces contrats est expliqué sur le site La retraite en clair.

Retraite complémentaire loi Madelin et PERP : 4 éléments de comparaisons

Déductibilité : Par rapport au contrat Madelin, le coup de pouce fiscal induit par le PERP est plus généreux pour les bas revenus et moins généreux pour les hauts revenus.

Liberté de versement : Avec le PERP, les dépôts d’argent se font à la guise du cotisant, sans obligation annuelle. Avec la Madelin, ce sont des cotisations mensuelles auxquelles on ne peut se soustraire sauf à justifier d’une sérieuse baisse d’activité.

Récupération de la mise : Avec le PERP, 20% du capital est récupérable au moment du départ en retraite puis 30% sur 5 ans sous forme de majoration de la rente. Avec la « Madelin », les fonds sont reversés uniquement sous forme de rente mensuelle, jusqu’au décès du second bénéficiaire (souvent le conjoint) : il y a moins de risque de tout consommer d’un coup.

Montant de la rente : il est basé sur l’espérance de vie de la population (plus elle est élevée, plus la rente est réduite), au moment de l’ouverture du contrat Madelin et de sa fermeture pour le PERP. Si les citoyens vivent de plus en plus vieux, la Madelin est plus favorable. Et inversement. Un pari à faire !

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