Startups et PME françaises à l’international : le monde leur appartient ?

Le groupe Banque Populaire et  le cabinet d’études Pramex International se sont penchés pour la seconde année consécutive sur le comportement des jeunes entreprises en dehors de l’Hexagone. Verdict encourageant avec toujours une attirance marquée pour les Etats-Unis.

Ce second baromètre de la Banque Populaire et de sa société d’études Pramex (*) a été réalisé entre mars 2017 et février 2018. Voici les résultats les plus marquants, alors que l’enquête, cette année, s’élargit, au-delà des startups, à l’ensemble des ETI et PME. Au total, 859 projets ont été analysés, dont 641 créations de filiales et 218 acquisitions (échantillon de 204 start-up, 199 PME et 241 ETI)

Les startups accélèrent à l’international : en un an, le nombre de projets d’implantations hors de nos frontières a augmenté de 25% (263 projets au total en 2017). En moyenne, cette croissance est de 37% par an depuis 2011. Ce qui témoigne de l’internationalisation croissante de cette catégorie d’entreprises qui, en moyenne, s’implantent à l’étranger dès leur quatrième année d’existence.

Leur priorité va aux pays à fort PIB, en Europe de l’Ouest et aux USA (67% des projets). Concernant plus particulièrement les PME, les États-Unis restent une destination de prédilection avec 16 % des projets d’investissements en 2017, dont un nombre significatif de primo-investisseurs (principalement des start-up). Ils privilégient la côte Est, où New York et Boston concentrent 40% de ces implantations. L’Europe concentre 36,9% des projets d’implantation et notamment l’Espagne, le Royaume-Uni et l’Allemagne. Les responsables de l’étude y voient des raisons de proximité, de normes européennes facilitant les flux d’affaires, de devise commune (hors Royaume-Uni) et d’absence de droit de douane.

Reste que la tendance à franchir directement l’étape intercontinentale est l’un des faits marquants de ces dernières années, notamment de la part des startups, alors que traditionnellement, les développements internationaux de faisaient jusqu’ici en priorité vers les pays frontaliers.

Les financements suivent avec au total plus de 2,3 milliards d’euros levés par les start-up françaises en 2017, soit une croissance de 15 % par rapport à 2016. Ces fonds servent notamment à des opérations de croissance externe, qui restent l’apanage des ETI (75% de ces FUSAQ), « dans la mesure où un projet de croissance externe requiert à la fois des fonds financiers et une structure établie » soulignent les auteurs de l’étude. « En moyenne, leurs auteurs disposent déjà de six filiales à l’international et maîtrisent les rouages des marchés internationaux ». Mais les startups sont de plus en plus concernées : en 2017, elles ont mené au moins 22 projets d’acquisition (10 % du total des opérations de fusion-acquisition), contre cinq projets identifiés en 2016.

(*) Issu du réseau des Banques Populaires, Pramex International accompagne les sociétés  françaises dans leurs projets d’investissements à l’étranger, par création de filiale ou acquisition.

Des destinations à faible risque ?

Après les USA, c’est l’Espagne qui surprend en devenant la première destination européenne des projets d’investissement des entreprises françaises (8,4 % des projets).

Le Royaume-Uni suit, malgré le Brexit et attire plus de 7 % des projets d’implantation en raison d’un écosystème financier puissant et d’un droit du travail souple.

L’Allemagne, avec 6.9 % des projets d’implantation, reste un partenaire majeur mais pas en si bonne place qu’attendu.

La Chine, en cinquième position avec 6.2 % des projets, est le premier pays émergent visé, du fait de la croissance encore forte de son économie et de son fort potentiel à moyen et long terme.

Le Canada se place en sixième position avec 4.4 % des projets (proximité linguistique ?)

A noter que les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) sont encore peu présents (13% au total) dans les projets, surtout si on considère que la Chine en truste la moitié.

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