100 € de pouvoir d’achat supplémentaire : quel coût pour l’employeur ?

La fin de l’année 2018 a vu le grand retour sur le devant de la scène de la thématique du pouvoir d’achat. Avec, comme premier résultat de la mobilisation des gilets jaunes, la promesse d’une augmentation de 100 euros pour les petits revenus. Laquelle ne concerne finalement qu’assez peu l’entreprise. Mais les patrons de TPE ont tout intérêt à anticiper sur ce sujet qui reste inflammable.

Avouons-le : Lorsqu’ Emmanuel Macron a annoncé, le 10 décembre dernier, que les petits revenus allaient voir leurs « salaires » augmenter de 100 euros à la fin de ce mois de janvier, le sang de nombreux patrons n’a fait qu’un tour, en particulier dans les TPE qui sont les principales employeuses de smicards.

Mais ouf, l’émotion retombée, on apprenait que le gain de 100 euros en question serait composé pour partie de l’augmentation légale et automatique du SMIC (basée sur l’évolution du coût de la vie mesurée par l’INSEE). Et pour sa plus grande part, de l’augmentation de la prime d’activité, déjà inscrite dans la loi de finances pour le second semestre 2019 mais dont l’application est avancée dès ce mois de janvier.

A l’arrivée, pour un smic qui s’établit désormais à 10,03 euros brut de l’heure, la dépense supplémentaire pour l’employeur sur un salaire brut est de 22,75 euros (1521,22 euros bruts par mois sur la base d’un temps plein).  L’augmentation du pouvoir d’achat correspondante est de 16,37 euros nets pour le salarié. En résumé, sur les 100 euros promis, un sixième environ du gain viendra donc des employeurs (et était attendu), le reste étant à la charge de l’Etat via la prime d’activité accordée aux salariés sous des plafonds de ressources qui varient selon la composition du foyer fiscal. Ce reste sera donc financé par l’impôt et les cotisations sociales.

Trois idées pour le pouvoir d’achat et le climat social

Il est trop tôt pour savoir si ces mesures suffiront à calmer le malaise social. Une chose est certaine cependant : le pouvoir d’achat a repris une place centrale dans le débat et les employeurs, en particulier dans les TPE où ils sont si proches de leurs salariés, ne peuvent négliger ce sujet. Quelques idées pour rebondir positivement :

  • Si vous le pouvez, versement d’une prime exceptionnelle, qui sera totalement exonérée d’impôts et de charges sociales dans la limite de 1000 euros et pour les salariés touchant moins de trois fois le smic.
  • Cette mesure doit être prise avant le 31 janvier et mise en œuvre avant le 31 mars. Mais vous pouvez prolonger ce délai très simplement, en utilisant le mécanisme des titres cadeaux qui vous permettent de bénéficier des mêmes exonérations, à n’importe quel moment de l’année, dans la limite de 163 euros par salarié et par an.

Montrer de l’attention aux problématiques de pouvoir d’achat peut aussi se traduire par un soutien dans les démarches administratives, par exemple pour obtenir la fameuse prime d’activité. Ou encore par des prêts d’honneur pour les salariés en prise avec des difficultés passagères. Dans tous les cas, une écoute bienveillante est de nature à améliorer le climat interne à l’entreprise.

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