Stationner en ville pour les artisans : coûteux mais pas impossible

L’augmentation du prix des parcmètres et la hausse des forfaits de « post stationnement » alourdissent la facture de la mobilité en ville pour les artisans en clientèle. Entre les cartes professionnelles, les abonnements ou encore la rationalisation des tournées, des solutions existent pour l’alléger. Et pourquoi ne pas faire payer le surplus au client ?

Près de 10 euros pour deux heures, donc 45 euros pour une journée de travail commençant à 8h et se terminant à 18, car les parcmètres ne commencent à fonctionner qu’à partir de 9h. La facture du stationnement dans les arrondissements centraux de Paris s’est envolée ces dernières années. Cette somme représente tout de même un maximum, les autres arrondissements de la capitale étant deux fois moins chers ; Quant aux villes de province, les sommes à débourser y sont variables mais globalement  moins élevées.

Encore faut-il nourrir le parcmètre en question faute de quoi les forfaits de post-stationnements qui s’appliquent en cas de retard ou de non-paiement font vite monter la facture : 50 euros par exemple au centre de Paris à partir de 30 mn de retard. Pour continuer de travailler en ville, là où les clients sont très demandeurs d’artisans et souvent plus argentés que dans les zones péri-urbaines, mieux vaut donc s’organiser.

S’équiper des solutions mobiles permettant de payer le stationnement à distance

Les applications Paybyphone ou Opngo par exemple vous permettent d’enregistrer un numéro de carte bancaire et les coordonnées de votre véhicule pour ensuite payer à distance le parcmètre. Plus besoin de papier derrière le parebrise ni de gérer des notes de frais compliquées, tout est dématérialisé : l’édition de vos factures mensuelles pour les dépenses mensuelles mais aussi le contrôle par les agents chargés de la vérification du paiement.

Deux cerises sur le gâteau :  des alarmes vous signalent quand il faut remettre de l’argent… tandis qu’en cas de départ anticipé de votre place de stationnement, vous pouvez ajuster votre paiement à la durée exacte de votre stationnement.

Prendre une carte de réduction auprès de la ville

Pour économiser vraiment sur les frais de stationnement, le mieux est encore de s’adresser à la mairie de la ville et/ou à la chambre des métiers dont vous relevez. Vous examinerez alors avec le service concerné les meilleures solutions de cartes et d’abonnement disponibles. Leurs coûts varient d’une ville à l’autre, mais les modalités sont à peu près toujours identiques à savoir :

  • Des tarifs réduits pour les commerçants, artisans et professions libérales dits sédentaires ayant leur établissement en centre-ville. Par exemple, à Paris, outre l’achat de la carte Pro sédentaire (45 euros par an), le stationnement pendant 24 heures consécutives ne revient plus que 1.5 euros
  • Des tarifs réduits pour les professionnels amenés à se déplacer souvent en ville, en fonction du site d’implantation de leur établissement principal (par exemple à Paris, tarifs préférentiels pour les artisans venant du 75 ou de la petite couronne, au moyen de la carte Pro Mobile)
  • Des tarifs réduits, voire la gratuité totale, pour des professionnels ayant choisi de s’équiper de véhicules non « polluants » (utilitaires électriques, au gaz, ou certains hybrides par exemple)
  • Idem pour ceux qui recourent aux services d’opérateurs d’autopartage

Optimiser les tournées

Parce que le meilleur moyen de limiter les frais de stationnement et les risque d’amende reste de ne pas prendre la route, il est conseillé de bien réfléchir à l’usage systématique qui est fait du véhicule. A-t-on vraiment besoin de le prendre pour aller en centre-ville, si l’on est capable d’amener une bonne fois pour toute les outils sur le lieu du chantier et de les y laisser jusqu’à la fin de celui-ci ? Au passage, une rationalisation des chantiers menés en parallèle ainsi que du transport de charge lourdes (roulantes justement) peuvent faire gagner de précieux litres d’essence.

Faire payer le client

Le chef d’équipe d’une entreprise d’électricité travaillant en zone touristique dans le sud-est de la France raconte : « Mon patron a décidé d’appliquer un forfait de 140 euros par jour, pour chaque véhicule de la société appelé à intervenir sur des chantiers au cœur des villes ». 140 euros ? « Cela intègre les frais d’essence, la location et l’entretien du véhicule bien sûr. Mais aussi depuis quelques mois, l’augmentation considérable du montant des amendes pour stationnement prolongé. Il a choisi de faire porter à ses clients ce poids d’un accès en ville qui se complexifie. Ces derniers l’acceptent, car beaucoup d’autres artisans refusent tout net de se rendre au centre ». Difficile ? Pour argumenter, n’oubliez pas de rappeler que l’artisan qui vient de loin est souvent choisi pour la modicité de ses prix. Il n’est donc pas illogique qu’il fasse payer un forfait « mobilité » car il a des temps et des frais de transports qui s’alourdissent.

Une astuce « payante » en centre-ville piétonnier

De nombreux centres-villes sont aujourd’hui piétonnisés, avec des restrictions de circulation et de stationnement drastiques qui impactent les artisans. Parmi les solutions originales à ces contraintes, notons une pratique qui se répand sur les chantiers de BTP : à savoir l’utilisation du rez-de-chaussée d’un immeuble en construction ou en cours de rénovation pour garer les utilitaires des artisans, tant que les travaux ne concernent que les niveaux supérieurs. A la clé, plus de parcmètres à nourrir, plus d’amendes pour post stationnement. Il faut juste, pour travailler, obtenir de la mairie une autorisation pour entrer et sortir le véhicule une fois par jour dans la zone considérée… et bien s’organiser pour l’acheminement des outils, des matériaux, et du personnel.

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