Blockchain : votre TPE aussi peut en profiter

Certains médias l’encensent comme une révolution technologique, le gouvernement y voit un fer de lance pour financer les TPE/PME… In fine, c’est quoi la blockchain ? Voici pourquoi votre TPE est concernée.

Blockchain. Le mot revient régulièrement dans les médias, notamment ceux qui parlent des nouvelles technologies ou dans les conversations de vos amis ou salariés informaticiens. En tant que dirigeant d’une TPE, vous vous demandez peut-être de quoi il retourne, s’il s’agit ou non d’une révolution en marche et si votre activité est concernée.

La réponse est oui, et ce, pour 3 raisons.

Raison numéro un : vous devez rester informé concernant les évolutions technologiques.

Commençons par cerner le sujet : « Le » blockchain est un nouveau protocole qui permet de hautement sécuriser les échanges de données numériques entre deux protagonistes. « Une » blockchain utilise ce protocole pour organiser le stockage et la transmission d’informations, de manière transparente, sécurisée, et sans organe central pour orchestrer ces échanges (par exemple un serveur informatique dédié).

Quoi, c’est tout ? Ce n‘est pas rien tout de même. Ici, la promesse réside dans la combinaison des trois technologies mises en œuvre dans ce protocole : la cryptographie, la mise en réseau d’experts en informatique avec leurs ordinateurs (les mineurs) et une énorme base de données partagée (Voir encadré).

Mais alors, en quoi ça concerne votre TPE ?

Raison numéro deux : trois exemples d’usages utiles de la Blockchain pour une TPE

  1. Des contrats automatisés, indiscutables.

De même qu’il existe des blockchains pour effectuer des échanges de monnaies numériques, dont Bitcoin est la plus médiatisée, il existe aujourd’hui des blockchains qui permettent de « graver dans le marbre » et d’exécuter des contrats. C’est ce que propose aujourd’hui la société Ethereum, avec une offre appelée Smart Contrats. En adhérant à une blockchain de ce type, votre TPE peut mettre en place un contrat avec un client ou fournisseur, qui sera infalsifiable grâce à une clé unique, indiscutable et qui pourra aussi être enrichi d’automatismes : par exemple, le déclenchement de paiements pour la réalisation de telle ou telle étape. Une solution appréciable pour renforcer la confiance des deux parties.

  1. La protection de vos produits ou créations

Si votre activité consiste à fabriquer des produits haut-de-gamme que vous voulez protéger de la contrefaçon ou des créations uniques dont l’authentification est cruciale, il est possible, grâce à une blockchain, de les protéger. Il suffira d’associer à chacun de votre produit ou à chacune de vos créations un identifiant et de « graver » chaque vente – identifiant, montant, date, identité de l’acheteur, etc. -, grâce à un échange via cette blockchain. C’est ce qu’a choisi de faire, par exemple, le grand diamantaire De Beers, avec une solution ouverte à ces confrères.

  1. La traçabilité de votre production pour gagner la confiance des acheteurs

Une blockchain peut également servir à « tracer » toutes les étapes de production et de distribution de vos produits. Une façon de démonter de façon certaine que vous faites du 100% français ou 100% bio, etc. Cette fois l’exemple est donné par Nestlé, en association avec Carrefour, avec une blockchain qui permet de tracer la purée Mousline.

Raison numéro trois : Le gouvernement croit en la blockchain pour stimuler le financement des TPE

Enfin, troisième et dernière raison pour laquelle il est important de bien anticiper le phénomène « blockchain » : le fait que le gouvernement français mette actuellement en place un nouveau dispositif, basé sur cette technologie, pour le financement des TPE et PME. L’idée ? Permettre a des investisseurs de financer les petites entreprises en toute confiance, grâce à ce protocole sécurisé qui vaut passage chez le notaire, et donc, inversement, permettre aux TPE d’avoir d’autres sources de financement que celles de banques souvent pointilleuses.

Bien sûr, comme toute nouveauté technologique, le protocole blockchain, même s’il a déjà 10 ans, doit encore murir pour se démocratiser. Et pour se faire une idée plus complète, il est bon de savoir qu’il a aussi ses détracteurs, comme Sébastien Meunier, directeur au cabinet de conseil Chappuis Halder & Cie, ou encore l’éditeur Kaspersky, spécialisé dans les outils de sécurité informatique.

Blockchain : l’exemple pour du brevet pour mieux comprendre

Supposons que vous souhaitiez déposer un brevet. Vous adhérez à une blockchain « brevets » et vous envoyez le vôtre au format numérique. Il va être crypté et enregistré dans un bloc, le bloc courant, avec d’autres brevets.

Toutes les 10 minutes, le bloc courant est dupliqué en un très grand nombre d’exemplaires pour être envoyé à chacun des mineurs d’un réseau d’ordinateurs. Les mineurs sont aujourd’hui des informaticiens mais des réflexions sont déjà menées pour introduire des robots intelligents.

Chaque mineur décrypte et valide les informations du bloc (les plus rapides sont rémunérés). Le bloc validé en masse est de nouveau crypté (on parle de « hachage ») et doté de plusieurs clés uniques dont l’une sert à le coller au bloc qui l’a précédé, dans une vaste base de données partagée où tous les blocs enchaînés sont stockés. La technique utilisée les rend inviolables mais accessibles à la consultation. Et ce pour l’éternité, à condition de ne jamais manquer d’électricité sur la planète !

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