Les créateurs d’entreprises, pas tous logés à la même enseigne

Une enquête de la Dares analyse sur une période de dix ans l’évolution du profil des créateurs d’entreprise. Elle confirme le succès initial du statut d’auto entrepreneur, mais aussi la faiblesse sur le long terme de ce mouvement. Parallèlement, les créateurs « classiques », en société ou en entreprise individuelle, relèvent la tête.

Il y a beaucoup de chiffres dans cette étude publiée par la Dares (direction de l’animation de la recherche, des études et de la statistique) pour le ministère du Travail. Mais ils sont riches d’enseignements sur les dix dernières années, et d’informations utiles pour ceux d’entre vous qui souhaiteraient se lancer dans la création d’entreprises, comme micro entrepreneur (ex auto entrepreneur) ou plus classiquement de société.

Puisque le temps vous est certainement compté, voici résumés ci-dessous les principaux enseignements de cette enquête.

Pour rappel, l’étude de la Dares regroupe sous le terme d’entreprises d’une part les sociétés (sarl, sa, etc.), d’autre part les entreprises individuelles et enfin, depuis 2009, les auto entrepreneurs (devenus depuis des microentrepreneurs)

L’explosion du nombre d’entreprises créées en France

  • En 2000, tous statuts confondus, il s’est créé 216 000 entreprises en France (sociétés ou entreprises individuelles)
  • En 2017, il y a eu 591 000 créations (+ 175 %)
  • Entre temps, en 2009, la création du statut d’auto entrepreneurs s’est accompagnée d’un bond dans les créations d’entreprises : 331 000 en 2008, 581 000 en 2009 !

Après un tassement de l’engouement pour la microentreprise en 2017, la hausse reprend en 2018

  • En 2009, 320 000 auto entreprises ont vu le jour
  • En 2010, année record, 360 000 sont nées
  • Depuis, la courbe diminue régulièrement
  • En 2017, il s’est créé seulement 240 000 auto entreprises, puis 311 000 en 2018
  • Les autres statuts, dits classiques, sont repassés en tête des créations d’entreprise, sans doute parce qu’ils sont plus évolutifs (Possibilité de déduire ses charges, de récupérer la TVA…)

Les créateurs sans emploi moins aidés qu’avant ?

  • En 2010, une enquête statistique spécifique révélait que les auto entrepreneurs « captaient » 53 % du montant des aides publiques à la création d’entreprises, qu’ils soient sans emploi ou dans l’emploi au moment de la création en question.
  • En 2014, cette part est tombé à seulement 41 %
  • Parallèlement, les aides à la création concernent de plus en plus souvent à des personnes bénéficiant déjà d’un emploi : 17 % en 2006, 44 % en 2014
  • Cependant, on note que 65 % des créateurs sans emploi bénéficient d’aide, mais ces aides sont souvent moins importantes, d’où le décalage avec la part des montants alloués (41 %)

Les créateurs d’entreprise ont le plus souvent déjà un emploi

  • En 2006, 53 % des créateurs d’entreprise avaient un emploi (ou étaient retraité ou étudiant)
  • En 2014, ils sont 65 % dans ce cas (60 % en 2010)

Services, commerces et construction en tête des choix

  • Tous statuts confondus, les créateurs d’entreprises privilégient les activités de construction (20 %), de commerce et de réparations (21 %), et dans une moindre mesure dans les sciences et techniques (13 %)

Moins de 2 000 euros mobilisés pour démarrer

  • En 2014, 51 % des créateurs, tous statuts confondus, démarrent avec moins de 2 000 euros alloués à leur projet
  • En 2006, ils n’étaient que 20 % dans ce cas

Enfin, les difficultés notamment administratives demeurent

  • Malgré la création du statut « simplifié » d’auto entrepreneur, ces derniers sont encore 68 % à rencontrer des difficultés d’ordre juridiques, administratives ou financières lors du lancement de leur activité
  • Les difficultés administratives sont les plus fréquemment rencontrées (39 % de citations)
  • Ce chiffre est à peine inférieur à la moyenne globale des créateurs d’entreprise (70 %)
  • Il ne recule pas non plus (70 % en 2014, 78 % en 2010, 70 % en 2006)

L’étude complète se trouve ici

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