Action cœur de ville et revitalisation : des appels pressants aux commerçants

Le débat sur la revitalisation des centres-villes, en particulier dans les villes moyennes et petites ne date pas d’hier. Plusieurs initiatives gouvernementales ont vu le jour ces derniers mois, aux commerçants courageux de se lancer.

« Une rue commerçante animée, cela ne peut pas reposer sur des établissements bancaires et des agences immobilières ». L’apostrophe est du premier ministre Edouard Philippe, qui multiplie les appels aux forces vives des économies locales depuis plusieurs mois.

Il faut dire que la crise sociale de l’hiver 2018-2019 a relancé le débat sur la désertification des zones rurales et l’absence de commerces dans les centres villes. Tout en pénalisant justement ces quartiers où se tenaient la plupart des manifestations, désertés par la clientèle au profit de zones commerciales périphériques plus calmes. A tel point que le gouvernement a émis au printemps un appel à projets de revitalisation et d’animation de ces centres villes, afin de subventionner des actions permettant d’y attirer à nouveau la clientèle.

A ce jour, une bonne trentaine de conventions ont été signées avec des villes – moyennes ou grandes. Le montant total des subventions allouées atteint 5,7 millions d’euros de la part de l’Etat, auxquels s’ajoutent les montants débloqués par les collectivités territoriales (voir encadré). Cependant, si le geste a le mérite d’exister, il reste financièrement symbolique. Surtout, il ne permet que de pérenniser un existant, alors que dans de nombreuses villes, les fermetures de commerce sont légions depuis des années : l’enjeu est donc plutôt d’y attirer de nouveaux candidats à l’aventure.

Pour faire revenir des établissements dans les villes et dynamiser les quartiers qui les accueillent, il faut bien différencier les situations, selon la taille des agglomérations.

Grandes villes : Faire revenir les commerces de bouche

Constats :

  • Les zones commerciales se multiplient à la périphérie des villes
  • Les commerces de bouche sont progressivement remplacés par des commerces (habillement, loisirs, etc)
  • Les emplacements en ville pour ouvrir un commerce sont rares et chers
  • L’approvisionnement est difficile (zones piétonnières)
  • Les places pour stationner à proximité des commerces sont rares

Solutions :

  • Connecter le centre-ville et les zones périphériques avec des moyens de transports doux et rapides
  • Exercer des droits de préemption pour imposer la réouverture de locaux commerciaux dans les rues prioritaires
  • Fluidifier l’accès aux places de stationnement
  • Accorder aux commerçants des facilités pour les livraisons
  • Prendre soin de maintenir la propreté de la voirie
  • Créer des évènements commerciaux réguliers (braderies , dégustations, concours, etc.)
  • Nommer un manager de centre-ville (voir encadré), responsable des relations avec les commerçants

Villes moyennes : proposer une alternative aux habitants

Constats :

  • Les villes moyennes et petites sont les plus durement touchées par la paupérisation de leur population (fermeture d’usines et de services publics)
  • Un grand nombre de commerces ferment en centre-ville, faute de clientèle
  • Ceux qui restent jouent la carte du bas de gamme
  • L’offre commerciale est uniformisée

Solutions :

  • Participer au programme du gouvernement lancé fin 2017 lors de la deuxième Conférence des territoires à Cahors. Doté de 5 milliards d’euros, ce plan baptisé « Action coeur de ville », s’adresse aux villes moyennes et à 222 d’entre elles en priorité. Il prévoit l’ouverture de nouveaux commerces, la rénovation de logements sociaux, la restauration de bâtiments anciens, l’emménagement de nouvelles familles et enfin la création d' »écoquartiers » ou d’espaces publics. Parmi les outils proposés, une taxe sur les commerces vacants, le développement de baux commerciaux de courte durée.
  • Renforcer ou susciter les associations de commerçants locaux et élaborer des schémas directeurs ensembles
  • Flécher les installations en fonction d’une politique volontariste de revitalisation. Les maires disposent d’outils légaux pour faciliter l’installation de tel ou tel type de commerce : librairie/maison de la presse par exemple, ou encore restaurants (())

Villages et bourgs : Jouer la carte du multi-service dont la restauration

Constats :

  • La plupart des villages et bourgs avaient encore des commerces et des points de restauration ou des bars il y a 40 ans, il n’y en a presque plus aujourd’hui
  • Pourtant la population de ces communes n’a pas baissé
  • Les habitants sont obligés de faire de nombreux kilomètres pour faire leurs courses ou trouver un restaurant

Solutions :

  • S’appuyer sur les syndicats professionnels ou les associations pour faire venir des professionnels.
  • Utiliser des locaux propriétés de la commune pour faciliter l’installation de gérants qui prendront moins de risques financiers au départ, grâce à des loyers attractifs, voire offerts.
  • Mener une réflexion avec ces professionnels pour détecter les besoins de la population et les servir grâce à des établissements multi-services. Et ne pas hésiter à innover comme avec cette librairie-restaurant à Bièvres (91).

Les premières villes signataires de l’appel à projets «revitalisation des commerces »

Aquitaine : Bordeaux

Auvergne Rhône Alpes : Bourg-en-Bresse, Lyon, Saint-Etienne

Bourgogne Franche Comté : Besançon, Dijon, Dole, Mâcon, Nevers

Bretagne : Brest, Ploërmel, Quimper, Rennes

Centre Val de Loire :

Grand Est : Charleville-Mézières, Chaumont, Epinal, Saint-Avold

Hauts de France : Béthune, Calais, Lille

Ile de France : Paris

Normandie : Rouen

Occitanie : Montpellier, Toulouse

Pays de la Loire : Nantes

PACA : Avignon, Marseille, Toulon

Réunion : Le Port, Le Tampon, Saint-André, Saint-Denis, Saint-Louis, Saint-Paul, Saint-Pierre

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